
Depuis le 24 juillet 2026
Commande publique au Togo : Leading Ethics Lab mise sur l’éthique pour renforcer l’accès des jeunes et des femmes entrepreneures
Commande publique au Togo : Leading Ethics Lab mise sur l’éthique pour renforcer l’accès des jeunes et des femmes entrepreneures
Commande publique au Togo : Leading Ethics Lab mise sur l’éthique pour renforcer l’accès des jeunes et des femmes entrepreneures
Baguida, 23 et 24 juillet 2026 — Et si l’accès des jeunes et des femmes à la commande publique ne se résumait pas à une question de compétences techniques, mais constituait également un enjeu fondamental d’éthique et d’intégrité ?
C’est l’une des convictions portées par Leading Ethics Lab (LEL) à travers son projet « Accès 25 » – Projet d’Appui à l’Accès des Jeunes Entrepreneurs aux Marchés Publics au Togo (PAJEMP). Le 23 et 24 juillet 2026, l’organisation a réuni à l’Hôtel Résidence MADIBA de Baguida 30 jeunes et femmes entrepreneurs autour d’un atelier consacré à l’accès à la commande publique, à la maîtrise des procédures et à la prévention des risques liés aux pratiques frauduleuses et corruptives.
Pour LEL, l’objectif est clair : contribuer à une commande publique plus inclusive, mais aussi plus intègre, en donnant aux jeunes entrepreneurs les moyens de participer aux marchés publics dans le respect des règles et des principes de bonne gouvernance.

Insuffler davantage d’éthique et d’intégrité dans la commande publique
La commande publique n’est pas qu’un mécanisme administratif permettant à l’État et aux collectivités d’acquérir des biens et des services. Elle constitue également un instrument majeur de mise en œuvre des politiques publiques et un levier de développement économique.
Au Togo, plus de 2 643 milliards de FCFA de marchés publics ont été approuvés entre 2012 et 2022, hors partenariats public-privé. Cette puissance économique fait de la commande publique un espace déterminant pour les entreprises, notamment les jeunes structures économiques et les entreprises portées par des femmes.
Le projet « Accès 25 » part ainsi d'une réalité : les difficultés d’accès des jeunes et des femmes à la commande publique ne sont pas uniquement liées à la méconnaissance des procédures. Elles s’inscrivent également dans un environnement où existent des risques de faux et usage de faux, de collusion et de corruption. Mieux, la méconnaissance des règles peut susciter l’ingéniosité des différents acteurs impliqués à la quête et à l’utilisation de pratiques peu orthodoxes.
L’enjeu est donc de faire de l’intégrité non pas une dimension périphérique de la commande publique, mais une compétence essentielle de l’entrepreneur qui souhaite y prendre part.

C’est dans cette perspective que Leading Ethics Lab, dont la vision est de « donner des ailes à l’éthique en Afrique », entend contribuer, aux côtés des institutions déjà engagées dans la régulation et la professionnalisation du secteur, à faire émerger une nouvelle culture de la commande publique fondée sur la responsabilité, la transparence et l’intégrité.
Renforcer les capacités pour mieux comprendre et mieux soumissionner
L’éthique ne peut cependant être dissociée de la capacité à comprendre et à respecter les règles. Le projet « Accès 25 » a donc consacré une place importante au renforcement des compétences techniques des 30 participants.
Sous la conduite de M. Komi Mawulé AKAKPO, expert-formateur délégué par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), les participants ont approfondi leur compréhension des procédures de passation des marchés publics, de la lecture des Dossiers d’Appel d’Offres (DAO) et de la constitution des dossiers de soumission.
Les échanges ont également permis d’aborder les mécanismes de prévention, de signalement et de recours, ainsi que les risques juridiques auxquels les soumissionnaires peuvent être confrontés.
Cette approche technique et pratique visait à permettre aux entrepreneurs de passer d’une connaissance parfois partielle des procédures à une compréhension plus structurée de la logique de la commande publique : analyser les exigences, préparer les pièces nécessaires, construire une offre conforme et être en mesure de répondre avec rigueur aux critères d’évaluation. Le projet prévoit ainsi de renforcer la capacité des bénéficiaires à monter des offres conformes et à soumissionner de manière compétitive.

« On ne cesse jamais d’apprendre »
Le témoignage public de Nathalie Dogbe, jeune entrepreneure et participante à l’atelier sur sa page facebook(https://web.facebook.com/permalink.php?story_fbid=pfbid02yQ7uw1DSNysSZUDEBmvdveZZ5mDsQoYEiBuJfFWBswuioAGAR3L5fCGQVLJ8vXupl&id=100090940537593 ), illustre concrètement cette dimension.
Habituée depuis plus d’un an au montage de dossiers de réponse aux appels d’offres, elle estimait déjà disposer d’une bonne maîtrise des différentes étapes : compréhension des dossiers, rassemblement des pièces administratives, structuration des offres et respect des procédures.
Sa participation au projet « Accès 25 » lui a pourtant permis d’élargir cette compréhension.
« Cette formation m'a permis d'aller au-delà des procédures pour mieux comprendre la logique qui guide la commande publique. J'y ai consolidé des acquis, mais surtout découvert des aspects essentiels que l'on sous-estime parfois : savoir analyser un cahier des charges avec précision, construire un budget réaliste, anticiper les moyens humains, techniques et financiers nécessaires à l'exécution du marché, être en mesure de produire tous les justificatifs exigés et veiller au respect rigoureux de chaque critère d'évaluation. »
De l’expérience des entrepreneurs aux recommandations
Le projet « Accès 25 » ne s’est pas limité à transmettre des connaissances. Il a également voulu écouter les entrepreneurs.
Les échanges ont permis de faire émerger les difficultés concrètes rencontrées par les participants dans leur parcours de soumission, ainsi que leurs propositions pour améliorer l’accès des jeunes et des femmes à la commande publique.
Ces contributions constituent une matière importante pour la suite du projet. Elles seront capitalisées afin d’alimenter un dialogue constructif avec les acteurs institutionnels et de formuler des recommandations visant à réduire les barrières qui limitent encore la participation effective des jeunes et des femmes entrepreneurs.
L’ambition de « Accès 25 » est ainsi de contribuer à rapprocher davantage le quota de 25 % de sa finalité : permettre à des jeunes et des femmes entrepreneurs de transformer une opportunité réglementaire en véritable opportunité économique.
Roger Kodzo KLOMEGAH : « La commande publique doit aussi être un espace où l’éthique prend racine »
Pour Roger Kodzo KLOMEGAH, Cofonder et Team Leader de Leading Ethics Lab, la démarche repose sur une conviction simple : la commande publique est trop importante pour être pensée uniquement sous l’angle des procédures.
« La commande publique joue un rôle transformateur dans la mise en œuvre des politiques publiques et dans l’économie. Elle mobilise des ressources importantes et crée des opportunités pour les entreprises. Il est donc essentiel d’insuffler davantage de graines d’éthique et d’intégrité dans cet écosystème, aux côtés des efforts fort louables déjà déployés par les institutions.

À Leading Ethics Lab, notre vision est de donner des ailes à l’éthique en Afrique. À travers Accès 25, nous voulons contribuer, à notre échelle, à faire de l’intégrité non seulement une exigence institutionnelle, mais aussi une valeur portée par les entrepreneurs eux-mêmes. Former un entrepreneur à la commande publique, c’est aussi lui donner les moyens de comprendre ses responsabilités et de contribuer à une compétition plus saine. »
Cette vision place ainsi les entrepreneurs au cœur de la transformation : l’intégrité de la commande publique ne dépend pas uniquement des institutions qui la régulent, mais également des acteurs économiques qui y participent.
Une dynamique collective
La mise en œuvre de cette initiative a bénéficié de l’appui de plusieurs partenaires. Leading Ethics Lab adresse sa reconnaissance à l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) pour avoir délégué un expert-formateur et contribué au renforcement technique des participants.
L’organisation remercie également la JCI Togo et la JCI Baguida Impact pour leur accompagnement, ainsi que l’ensemble des partenaires ayant contribué à la réalisation de cette initiative.
Mais surtout, LEL salue l’engagement des 30 jeunes et femmes entrepreneurs qui ont pris part à l’atelier, partagé leurs expériences, posé leurs questions et formulé leurs propositions.
La cérémonie de remise des attestations est venue clôturer cette étape de formation dans une atmosphère porteuse d’espoir.
Car au-delà des connaissances acquises, « Accès 25 » laisse une conviction : l’avenir d’une commande publique plus inclusive se construit avec des entrepreneurs mieux formés, mais surtout des entrepreneurs qui placent l’intégrité au cœur de leur manière de faire des affaires.
